Une question essentielle

Quelle convergence entre l’ascète yogi tibétain Milarepa et Madame Guyon, la grande mystique chrétienne ? entre Ramana Maharshi et le célèbre soufi Al-Hallâj ? Quel dénominateur commun à ces êtres hors de l’ordinaire qui, de façons apparemment tellement différentes, ont gravi les échelons menant à la réalisation ultime ? Ne s’agit-il pas d’une question de la plus haute importance ? s’interroger sur ce qu’est le cœur d’une pratique ?

GERTA ITAL et le PERE LASSALLE

« Mon propre chemin, que j’ai essayé de décrire, a été très long et très pénible. Mais cela ne devrait décourager personne, car chaque être humain est différent des autres… Il n’y a ni dogme ni rien qui soit capable de vous rendre bienheureux. Il n’existe rien que la Vérité en tant qu’être vivant, et la seule chose à quoi tendent les efforts du Maître, c’est d’éveiller l’élève à la perception de cette Vérité.
La voie est ouverte à chacun(e), quelle que soit sa religion. Mais il doit la suivre. La manière dont il vaincra les diverses difficultés qui se présenteront et la façon dont il s’exercera le mèneront au but, même sans faire de voyage au Japon.. ».Elle cite le Père Lassalle :
« L’illlumination peut être atteinte par chacun, à condition qu’on emprunte le vrai chemin qui y conduit. Par elle-même, elle n’est ni bouddhique, ni chrétienne, ni d’aucune autre religion. On la trouve aussi bien dans l’Islam que dans le Christianisme, même si sa présentation particulière et ses méthodes ne sont pas les mêmes que dans le Yoga ou le Zen… Elle exigera toutefois des motifs d’ordre religieux ou une tendance vers l’Absolu et des efforts très grands qui sont indispensables, de même qu’une renonciation radicale. »

Et enfin, elle conclut :
« Le chercheur qui a gravi une partie de cette voie et a vécu de nombreuses expériences exaltantes ne connait plus d’arrêt. Non seulement, il doit en donner des preuves dans sa vie extérieure, mais aussi sur la voie de son illumination.
De Grands Maîtres sont allés ainsi d’illumination en illumination, car ce qui a été atteint une fois doit être atteint de nouveau, doit être approfondi, doit être éprouvé et compris en tant qu’un tout complet et une multiplicité infinie, dans un aspect toujours nouveau. »

En savoir plus sur Gerta Ital

Le récit de son chemin sur la voie de l’Illumination

Témoignage d’Eveil

Voyage en pays d’Eveil et de Sainteté 

Maitre Eckhart S’anéantir soi même

Deviens tel un enfant,
rends-toi sourd et aveugle!
Tout ton être/doit devenir néant,
dépasse tout être et tout néant !
Laisse le lieu, laisse le temps,
et les images également!
Si tu vas par aucune voie
sur le sentier étroit
tu parviendras jusqu’à l’empreinte du désert.

 

Maître Eckhart

Nada Yoga, le yoga du Son – Salim MICHAEL, Ajahn SUMEDHO et Ajahn AMARO

Le Nada Yoga est une forme de méditation particulière qui exige une concentration intense sur un certain son que l’aspirant peut percevoir à l’intérieur des oreilles et de la tête s’il arrive à créer suffisamment de silence en lui-même. Mais cette forme de méditation — comme toute autre d’ailleurs — risque de perdre sa valeur si elle est pratiquée de manière passive, car le chercheur peut finir par s’habituer à entendre ce précieux son dans ses oreilles, mais sans être vraiment présent et concentré sur lui. Il faut qu’il soit continuellement conscient qu’il est en train de l’écouter et ne pas simplement se satisfaire de l’entendre résonner en lui.
Il peut méditer d’une façon superficielle sans s’en rendre compte. Ce son mystérieux sera là en lui pendant qu’il essaiera de méditer, mais lui-même sera, pour ainsi dire, absent, en train de rêvasser sans s’en apercevoir, ou même d’être bercé dans un état d’agréable et de très subtile torpeur qui le dupe et lui donne la fausse impression d’être dans un état de tranquille félicité.
Edouard Salim MICHAEL – Pratique Spirituelle chapitre 3

Pour en savoir plus sur le Nada Yoga, Edouard Salim MICHAEL en a fait il y a 40 ans une description minutieuse dans son premier ouvrage : la Voie de la Vigilance intérieure

Le Nada Yoga ou encore appelé le Yoga du son est un support inestimable, toujours présent en chacun de nous, car il possède une continuité qui justement nous fait défaut.

Ajahn Sumedho,  ancien abbé d’Amaravati, monastère Théravada dans la tradition de la forêt :


Lien

J’avais découvert ce son intérieur de nombreuses années auparavant, mais je n’avais jamais rien lu ni entendu à ce sujet dans le Canon Pâli. J’avais développé une pratique de la méditation utilisant cette vibration intérieure et j’en avais tiré de grands bénéfices pour le développement d’une vigilance attentive et d’un lâcher prise de toute pensée. Cela m’ouvrit une perspective de conscience transcendante grâce à laquelle il est possible d’observer les états mentaux qui surgissent et disparaissent dans l’esprit.

Et aussi Ajahn Amaro :

 C’est une pratique qui est connue des traditions bouddhistes, védiques et autres comme étant une discipline puissante et libératrice, et c’est aussi celle que j’ai mise en pratique avec le plus grand profit depuis plus de vingt cinq ans. ”

Ajahn Amaro, abbé d’Amaravati et ancien co-abbé du monastère d’Abhayagiri dans la lignée de la forêt de la tradition bouddhiste Théravada.

Le But d’une pratique spirituelle Edouard Salim MICHAEL

 »Bien que, dans une voie spirituelle, il soit souvent nécessaire de parler d’un but à atteindre pour tenter, inadéquatement, d’expliquer l’inexplicable, un chercheur sérieux doit toutefois se rappeler que, en ce qui concerne ses pratiques spirituelles, le but se situe toujours dans le présent.

On peut, d’une certaine manière, dire que, une fois qu’il s’est engagé sur le Sentier, il ne peut s’agir pour lui de toucher un jour un but final et qu’ensuite tout s’arrêterait là — comme il en est des choses ordinaires ou des activités de ce monde —, car cela signifierait que le but serait une “fin” dans une sorte de mort éternelle et qu’après il n’y aurait plus rien ! Dans un travail spirituel, le but et le présent sont, en réalité, indissociables ; pour l’aspirant, chaque instant doit devenir le but, sinon, il risque de se donner toutes sortes de justifications, de rêver d’un but situé dans un futur éloigné et, entre-temps, de n’effectuer, sans en avoir conscience, qu’une pratique spirituelle tiède qui n’aboutirait à rien.()

Le but se répète chaque fois que ce mouvement de retour vers soi-même ou d’introversion particulière se produit en l’aspirant, même si ce n’est que pour un court instant. C’est le niveau de
son être ainsi que l’intensité de cet état de présence en lui qui déterminent le niveau du but atteint. D’une certaine manière, il ne peut y avoir de fin pour le but, mais une sorte d’étrange pèlerinage ou d’aventure toujours renouvelée.
Si le chercheur souhaite ne pas fausser son approche de cette quête inhabituelle, il lui faut sans cesse se rappeler que le but est un renouvellement perpétuel, toujours dans le présent, et non un état spécial qu’il pourrait gagner dans le futur et dans lequel il s’installerait à jamais ».

Edouard Salim Michael

Pratique Spirituelle Chapitre 8

Francis Thompson – L’effet papillon

Toutes choses
Proches ou lointaines,
Secrètement
Sont reliées les unes aux autres,
Et vous ne pouvez toucher une fleur
Sans déranger une étoile.

Francis Thompson
Plus de poésie ?

le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».
En savoir plus sur l’effet papillon

SAINT AUGUSTIN: Avons-nous le sens du mystère?

Qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que la vie ? Comment le grain de blé produit-il un épi ? Comment l’âme est-elle unie au corps ?… Comment expliquer cette mystérieuse montée de la sève au printemps ? Etc.

Les mystères par lesquels Dieu régit l’univers et gouverne les créatures ont perdu de leur prix en raison de leur banalité. De sorte que personne n’admire plus les œuvres continuelles de Dieu, cette multiplication des pains, par exemple, qu’effectue chaque année la germination du blé.

C’est pourquoi, par esprit de miséricorde, Dieu se réserve de faire certaines choses en temps opportun, en dehors du cours de la nature et de ses lois coutumières.

En soi et de soi, ces faits surnaturels ne sont pas plus mystérieux que les faits naturels. Mais, en voyant ces phénomènes qui sont exceptionnels, l’homme admire enfin cette puissance divine qu’il ne remarquait plus dans les faits quotidiens. » saint Augustin

Saint Augustin est l’un des pères de l’Église latine. Après saint Paul, il est considéré comme le personnage le plus important dans l’établissement et le développement du christianisme occidental. Il a été également le penseur le plus lu au Moyen Âge.

L’expérience de JE SUIS. Ceci est notre but. George ADIE

 »Si nous nous demandons :

Qui peut dire qu’il a maintenant en lui-même, à ce moment même, une forte présence unifiante ?

Le sentiment fort de sa propre réalité individuelle séparée et en même temps un état qui le relie à tout ce qui l’entoure.

C’est exactement ce vers quoi nous nous efforçons.

C’est exactement ce que nous visons.

C’est à dire un état conscient, présent, inconditionnel.

L’expérience de JE SUIS. Ceci est notre but. »

George Adie, A Gurdjieff Pupil in Australia (Joseph Azize).

Jean Staune: Notre existence a-t-elle un sens ?

Jean Staune enseigne la philosophie des sciences dans le MBA du groupe HEC. Secrétaire général de l’Université interdisciplinaire de Paris, il s’était distingué avec un premier ouvrage Science & Quête de sens dans lequel il avait rassemblé 15 auteurs dont 4 prix Nobel.

Dans le même esprit, il pose une interrogation fondamentale « Notre existence a-t-elle un sens ? » (Presses de la Renaissance), titre d’un travail qui a nécessité vingt années de recherches et la lecture de quelque mille livres !
A rebours d’une conception déterministe issue du XIXe siècle, Staune montre que le progrès scientifique, illustré notamment par la physique quantique, a atteint ses propres limites : les êtres humains savent qu’il existe un au-delà du réel auquel ils ne pourront jamais accéder, autrement dit que la science révèle en creux l’existence d’un autre niveau de réalité. Cette prise de conscience qu’il y a « une incomplétude radicale de ce monde » ouvre la voie à une réflexion métaphysique sur ce que l’être humain perçoit intuitivement à travers la croyance religieuse. Qu’il s’agisse de la matière, de l’univers, des neurosciences ou de l’Évolution, les découvertes dont Jean Staune fait ici la synthèse permettent de ré-enchanter le monde.

¶« Rien en physique quantique ne parle en faveur du déisme, ne nous incite à penser qu’un Dieu personnel se cacherait derrière le voile qui nous masque la réalité indépendante. Mais, en balayant les fondements de systèmes de pensée qui avaient pour conséquence « l’inutilité des religions », la physique quantique a ouvert de nouvelles possibilités philosophiques et religieuses comme le disent encore Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod : « une chose est certaine, la situation philosophique et religieuse n’est plus bouchée comme il y a quelques décennies. Tout devient possible, et la vision assez noire, selon laquelle nous ne serions que le résultat éphèmère et sans signification de chocs et de combinaisons de « petites billes » errant dans l’espace n’est plus la vision scientifique. » Sans rien prouver directement dans ce domaine, cela redonne une certaine crédibilité à l’idée de l’existence de Dieu, comme l’a énoncé Arthur Eddington dans une phrase célèbre :  » la conclusion à tirer de ces arguments de la science moderne est que la religion redevint possible pour un scientifique raisonnable, aux alentours de l’année 1927″. (1927 est l’année de la première synthèse de la mécanique quantique).

Jean Staune
Notre existence a-t-elle un sens p. 101

Hommage à Ludwig Van Beethoven

Voir une vidéo : un hommage à Ludwig Van Beethoven

Edouard Salim MICHAEL Le role de la grande musique dans l’existence

C’est en effet un étrange prodige que la musique de certains grands compositeurs parvienne, d’une manière qui semble même miraculeuse, à élever les personnes qui l’écoutent, leur ouvrant à leur insu une porte vers d’autres dimensions liées à un aspect insondable de leur nature.

Elle peut agir si mystérieusement sur l’être d’un auditeur réceptif de manière à le placer quelque part en lui-même où il ne se trouve jamais d’habitude, éveillant ainsi en lui l’étrange sentiment de l’existence d’autres dimensions, au delà du tangible, d’où ces créations musicales ont surgi et avec lesquelles, de façon ordinairement inexplicable, ces grands compositeurs ont été en contact au moment de leurs inspirations, sans peut-être en avoir eu conscience.

Edouard Salim MICHAEL