Une question essentielle

Quelle convergence entre l’ascète yogi tibétain Milarepa et Madame Guyon, la grande mystique chrétienne ? entre Ramana Maharshi et le célèbre soufi Al-Hallâj ? Quel dénominateur commun à ces êtres hors de l’ordinaire qui, de façons apparemment tellement différentes, ont gravi les échelons menant à la réalisation ultime ? Ne s’agit-il pas d’une question de la plus haute importance ? s’interroger sur ce qu’est le cœur d’une pratique ?

Mme GUYON – Poésie mystique

Vide de tout, rien ne manque à mon âme.
Tout plein de Dieu, j’ignore mon bonheur.
Brûlant d’amour, je ne sens point de flamme ;
Possédant tout, je perds jusqu’à mon cœur.

La loi d’amour, aux autres rigoureuse,
N’a rien en moi qui ne soit naturel.
Je ne la sens dure ni savoureuse :
Tout s’y réduit au moment éternel.

Heureux moment exempt d’incertitude,
Fortuné jour, où tout homme est détruit !
Chez toi, la paix bannit l’inquiétude,
Jour permanent qui n’a jamais de nuit !…

Jeanne Marie de la Motte Guyon

L’attention – Jacques Lusseyran

‘’À chaque instant je connais du monde juste ce que je mérite d’en connaître. La mesure de ma connaissance est celle de mon désir, de mon attention…

L’attention seule commande : c’est elle qui fait l’univers.

Un être humain entièrement attentif connaîtrait entièrement l’univers. Les sages qui font de la sérénité une condition de toute connaissance ont bien raison, car la paix intérieure nous met en disposition attentive. Rien ne disperse davantage que l’inquiétude et le doute, à moins que le doute ne soit méthodique, se réduisant alors à une prudence de l’esprit(…)

Dans la perception d’un être humain attentif, la réalité se livre : des pans entiers se détachent sous la seule pression de la main, sous un seul regard. Mais la main n’est alors, et le regard n’est lui-même qu’un instrument. C’est toujours au-dedans de nous que la connaissance a lieu, c’est-à-dire dans cet endroit où nous sommes reliés à toutes choses créées. (…)

La paix intérieure, c’est cela, et c’est cela l’attention : c’est un état de communication universelle, un état de réunion…

Or, nous passons le meilleur de notre vie à diviser. Nous sommes en brouille, en contestation avec toutes choses, et d’abord avec nous-mêmes. Ce n’est pas seulement une révolte vaine, c’est une folie coûteuse. ‘’

Jacques Lusseyran

( Le monde commence aujourd’hui, Éditions La Table Ronde, Paris, 1959.

El sistema – un moment de bonheur

El Sistema, c’est l’abréviation familière qui désigne une expérience qualifiée de « miracle » en Amérique du Sud (et ailleurs). Le mouvement est né en 1975 de la volonté de José Antonio Abreu, compositeur visionnaire. Son projet : fonder « en musique » une école de vie sociale. Rien de moins. Pour rompre les barrières de l’éducation musicale élitiste, il imagine un apprentissage collectif des pratiques instrumentales, basé sur un principe simple : lancer les impétrants dans le bain, là où ils n’ont pas pied (témoignage d’un des jeunes musiciens, ancien candidat-délinquant)

Sorti de la Julliard School de New York, il devient directeur d’une école de musique dans un quartier défavorisé de Caracas. Dès 3 ans, les enfants délaissés sont accueillis 6 heures par jour et reçoivent 24 heures de cours par semaine. Au lieu de les laisser s’initier à la manipulation des armes, on leur met dans les mains un véritable instrument, qu’on leur donne, et qu’ils apprennent à chérir. On ne leur dit pas « tu vas devenir musicien » mais « Tu ES musicien ». Et de mettre en pratique, dans toutes sortes de cercles, par des représentations, de la plus maladroite à la plus experte au fil du temps.

Depuis la création du mouvement 300 000 jeunes musiciens y ont appris à vivre libres et à construire des projets personnels, qu’ils soient musicaux ou autres, hors du cercle infernal des gangs. Ils étaient 11 dans un garage, au départ. 25 le lendemain et 75 le jour d’après…

José-Antonio Abreu : « Pour les enfants avec qui nous travaillons, la musique est pratiquement le seul moyen d’accéder à une quelconque dignité sociale. La pauvreté, c’est la solitude, la tristesse, l’anonymat. Un orchestre c’est la joie, l’engagement, le travail d’équipe, la volonté de réussir…/… Des études ont montré que la musique a changé la vie de tous ces enfants, de leurs familles, de communautés entières »

El Sistema a essaimé en un réseau de « nucléos » régionaux à l’approche pédagogique très originale. Les plus vifs deviennent tuteurs, puis formateurs, professeurs. Tout est ouvert.

Parmi les formateurs, un miracle à lui tout seul : Gustavo Dudamel. Ce prodigieux jeune homme à l’énergie débordante est devenu la figure emblématique du mouvement. Il a pris la direction du Philharmonique de Los Angeles après de longues années à la tête de l’Orchestre Simon Bolivar des jeunes du Venezuela, émanation talentueuse d’El Sistema, 200 jeunes musiciens qui parcourent le monde en glanant de prestigieuses récompenses.

source : mediapart

Ramana Maharshi : Une seule pensée

La méditation consiste à se fixer sur une seule pensée. Cette seule pensée éloigne les autres pensées, la distraction de l’esprit est un signe de sa faiblesse. Par la méditation constante, il acquiert de la force, autrement dit, la faiblesse des pensées fugitives cède la place à un arrière plan stable dépourvu de pensées. Cette expansion, vide de pensées est le Soi.

Edouard Salim Michael : Metta Méditation L’amour compatissant

Afin d’éviter que, au fur et à mesure que les jours passent, les pratiques spirituelles de l’aspirant ne se transforment, par faiblesse de sa part, en de simples répétitions machinales — comme cela se produit lorsqu’il s’agit de ses occupations journalières —, chaque fois qu’il s’assied pour méditer ou qu’il entreprend d’exécuter un exercice de concentration, il doit le faire comme si c’était la première fois, avec le tout de lui-même et avec un intense sentiment dévotionnel.

En outre, le respect révérentiel que le chercheur doit sans cesse porter en lui pendant qu’il se consacre à ses différentes pratiques spirituelles doit également s’infiltrer dans sa vie extérieure.

Il ui faut toujours ressentir une immense compassion et un grand respect pour tout ce qui possède le souffle de la vie, car, malgré les apparences, il n’y a aucun être, qu’il soit humain ou animal, qui ne souffre pas dans le fond de son âme.

Le doute est continuellement là, enfoui en toute créature vivante et, où qu’elle aille, elle emmène avec elle le sentiment inconscient d’insécurité que cette forme d’existence, si incertaine et précaire, ne cesse de susciter en son être.

Edouard Salim Michael Pratique Spirituelle et Eveil interieur Chap 5

 

Souvenir d’une vie antérieure, video – l’histoire vraie de Manika

 

Manika, 10 ans, vit dans le Sud de l’Inde, elle est troublée par le souvenir de la femme qu’elle a été au Népal dans une autre vie.

Un film émouvant en trois parties sur la réincarnation. Il s’agit d’une histoire vraie très semblable aux témoignages collectés par Ian Stevenson.

 

 


Se souvenir d’une vie antérieure : Manika, une… par spiritetmusik

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Réincarnation et vies antérieures : Manika une… par spiritetmusik

 


Souvenir de vie antérieure : Manika une vie… par spiritetmusik

 

L’être humain existe-t-il pour Dieu ? Maître Eckhart

“Le regard par lequel je connais Dieu est le regard par lequel Dieu me connaît.”
Maître Eckhart

« Par ailleurs, l’être humain non plus ne peut exister pour Dieu que dans la mesure où il parvient à reconnaître, par un aperçu direct, l’existence de son Créateur.
Il y a ainsi une interdépendance très mystérieuse entre Dieu et l’être humain, un paradoxe difficile à saisir au premier abord.
Si deux êtres ne se sont jamais rencontrés, ils ne peuvent exister l’un pour l’autre. En fait, la reconnaissance de l’un ne dépend-elle pas de l’existence de l’autre et vice versa ?

Il en est de même pour Dieu et sa Création ; Dieu ne peut reconnaître l’être humain qu’en fonction du degré auquel celui-ci Le reconnaît ! Une rencontre directe s’avère ainsi indispensable pour qu’une telle reconnaissance soit réciproque ; aussi, c’est une bien étrange constatation, qui semble à priori perturbante et même inacceptable, lorsqu’on découvre subitement que la reconnaissance de l’existence de Dieu dépend de l’être humain lui-même ! »

Edouard Salim Michael Les Fruits du chemin de l’Eveil chapitre 10

Maitry Upanishad : concentrer la conscience au delà de la pensée

« Ce qui n’est pas la pensée et qui se tient au milieu de la pensée, l’impensable, le mystérieux, le suprême, c’est sur lui qu’il faut concentrer la conscience. »

« Ayant pris conscience de son propre moi comme le Soi, le yogi se dépouille du moi ; et en vertu de cette absence du moi, il doit être conçu comme non conditionné. C’est là le mystère suprême, annonçant l’émancipation ; par l’absence du moi, il ne participe plus au plaisir ni à la douleur, mais atteint à la délivrance. »

Angèle de Foligno : Je ne me souviens plus de quoi que ce soit qui ait une forme

Très souvent, je vois Dieu suivant un mode et une perfection qui ne peuvent être ni exprimés ni conçus (…). Je vois que c’est le bien absolu (…) une délectation ineffable (…). Plus la ténèbre est profonde, plus ce bien surpasse la pensée et se montre inexprimable (…) Il surpasse même la puissance de Dieu, sa sagesse, sa volonté (…). Quand je suis plongée dans ce bien et que je le contemple, je ne me souviens plus de l’humanité de Jésus-Christ, ni de l’Incarnation, ni de quoi que ce soit qui ait une forme. Je vois tout, cependant, et je ne vois rien. »

Madame Guyon : Moins on fait d’oraison, moins on veut en faire

Je n’ai jamais approuvé ceux qui, sous prétexte d’avancement, négligent l’oraison, et j’ai regardé cela comme une des ruses de l’Ennemi les plus dangereuses. Je ne prétends pas qu’on ne puisse s’en dispenser pour des devoirs essentiels auxquels Dieu nous applique. Mais quels sont les devoirs essentiels qui ne nous laissent pas des moments pour nous reposer en Dieu ?

Il n’en est point. C’est le défaut d’oraison qui fait que nous trainons une vie imparfaite, que nous ne sommes ni pénétrés ni échauffés de cette lumière divine, lumière de vérité, lumière Jésus-Christ. Moins on fait d’oraison, moins on veut en faire, parce que se trouvant tout au dehors, on en contracte une habitude et l’on ne peut plus se tourner au-dedans.

(Correspondances – chemins mystiques p. 94)