Une question essentielle

Quelle convergence entre l’ascète yogi tibétain Milarepa et Madame Guyon, la grande mystique chrétienne ? entre Ramana Maharshi et le célèbre soufi Al-Hallâj ? Quel dénominateur commun à ces êtres hors de l’ordinaire qui, de façons apparemment tellement différentes, ont gravi les échelons menant à la réalisation ultime ? Ne s’agit-il pas d’une question de la plus haute importance ? s’interroger sur ce qu’est le cœur d’une pratique ?

Le Ram Nam selon SWAMI RAMDAS

Par la répétition du Nom Divin, ton esprit n’est pas seulement débarrassé de toutes ses pensées et désirs impurs, il est aussi élevé vers l’état de conscience le plus haut où tu réalises ton union et ton unité avec Dieu. () Mais il y a une manière de le répéter — il faut le prononcer avec une foi et un amour sans mélange ; alors seulement tu sentiras que le Nom du Seigneur est très, très doux. Pour certains, la difficulté consiste dans l’impossibilité de répéter continuellement le Nom, même s’ils le désirent. Cela veut dire que leur amour pour le Nom n’est pas plus grand que celui qu’ils portent aux objets périssables de ce monde. C’est une vérité psychologique que notre esprit pense le plus à l’objet qu’il aime le plus, et que notre désir exacerbé pousse inévitablement notre mental vers cet objet. De même si notre esprit est enflammé par l’amour intense du Nom , cet amour nous permettra de nous rappeler constamment le Nom. Lorsque cet amour est tiède et instable, notre souvenir du Nom reste instable et discontinu.

« Il est donc nécessaire pour le chercheur de comprendre que ses pratiques spirituelles, quelles qu’elles soient, doivent toujours être effectuées avec le maximum de vigilance et de scrupules s’il souhaite arriver un jour à un résultat valable. Cette lutte contre l’automatisme concerne en particulier les personnes pratiquant la récitation de mantras où le risque de se laisser doucement aller à rêvasser au cours de la répétition continuelle de ces mots est d’autant plus sérieux pour ce qu’elles cherchent à atteindre. L’aspirant ne peut jamais rester assez sur ses gardes ni suffisamment attentif face au danger de l’attraction de la pesanteur dans une pratique spirituelle, une force qui, de par sa nature, cherche toujours la direction lui offrant la moindre résistance — qui est la descente !
Un aspirant peut répéter machinalement jusqu’à la fin des temps : “Om Nama Shivoham, Om Nama Shivoham, Om Nama Shivoham…” tandis que des pensées lui traversent subrepticement l’esprit ; cela ne l’emmènera nulle part, et certainement pas vers cette Réalité Ultime qu’il cherche à connaître en lui-même.  »
Les obstacles à l’Illumination et à la Libération chap 5
Salim MICHAEL

Milarépa – » Le plus élevé de tous les sentiers »

« Dans le procédé de méditation sur ce stade de tranquillité mentale (Shi-nay), en concentrant l’esprit, soit sur des formes, soit en pratiquant la méditation sans formes, l’esprit doit premièrement se pénétrer de compassion, remettant entièrement le résultat de ses efforts en l’Universelle Bonté. Secondement, le but de ses aspirations doit être parfaitement clair et défini en s’élevant dans les régions de la pensée transcendantale. Finalement, il faut prier mentalement et désirer bénir tous les autres d’une manière si sincère que cet acte mental aussi s’élève dans la pensée pure. Ceci, je crois, est le plus élevé de tous les Sentiers. »
Milarepa
extrait du livre La vie de Milarepa p 184

« Si l’aspirant veut utiliser la prière comme moyen d’atteindre l’Aspect Sublime de sa nature, il lui faut apprendre quoi prier et comment prier. Il faut également, par la pratique assidue de la méditation et divers importants exercices de concentration, qu’il élève le niveau de sa conscience pour permettre à la prière d’avoir un certain effet sur son être ».
Edouard Salim Michael 
La Quète Suprème chap 18

Dhammapada- Paroles du Bouddha – Les impuretés-

“Que l’homme sage élimine ses impuretés, une par une, jour après jour, comme l’orfèvre élimine les impuretés de l’argent.” (Dhammapada, 239)

»Combien de personnes n’entend-on pas se plaindre en disant : «Ce sont les autres qui m’ont rendu tel que je suis.» Or, elles ne réalisent pas — ou ne veulent pas accepter le fait — que, si les autres agissent à leur égard d’une manière qu’elles n’aiment pas, ce n’est que par réaction à la façon dont elles-mêmes se comportent devant eux. Il est inutile de blâmer les autres pour les défauts que l’on voit en soi-même et dont, sans peut-être en avoir conscience, on est à l’origine. On ne doit s’en prendre qu’à soi et ne pas oublier à quel point on n’est jamais conscient de la manière dont on est devant les autres et, surtout, dont on est vu par eux ! Il y a toujours un décalage entre l’image que les autres ont de nous et celle que nous avons de nous-mêmes, et ce décalage s’avère être une source constante d’incompréhensions et de souffrances. ()
Toutefois, il est nécessaire pour le chercheur de savoir comment regarder les tendances défavorables qu’il découvre en lui, ()
Il lui faut trouver une manière très spéciale de faire face à ses penchants indésirables, qui rende possible la venue au premier plan de son être d’un Mystérieux Témoin Silencieux, qui, en fait, est déjà là dans le tréfonds de lui-même, et au travers duquel il peut voir sa nullité et les aspects peu flatteurs de sa nature ordinaire sans s’en trouver écrasé ni démoralisé. ()
Il comprendra alors la nécessité pour lui, comme pour tout autre chercheur, de toujours mettre en question tout ce qui sort de sa bouche* et tout ce qu’il fait dans la vie, s’il souhaite dépasser les obstacles qui lui barrent la route vers son but  ».*Le Christ n’a-t-il pas dit à ses disciples : «Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l’homme.» (Matt. 15,11)

Herbert von Karajan

« Chaque concert est une expérience mystique, une extase… c’est une forme de grâce »
Herbert von Karajan

Herbert von Karajan (1908-1989), chef d’orchestre Autrichien c. 1972 

La présence de l’auditoire soumet inévitablement l’attention de l’artiste à une grande épreuve, et cette exigence se situe généralement au delà des capacités de quelqu’un d’ordinaire. Cette demande suscite en l’artiste une certaine tension qui provoque un état intérieur particulier accompagné d’une sorte de force et d’énergie très spécifiques qui ne lui sont pas habituelles, mais qui, outre le fait qu’elles constituent le “feu” nécessaire pour donner vie à ses talents, l’aident à le rendre intensément vigilant et conscient de ce qu’il est en train d’effectuer.

L’état intérieur ainsi créé contribue, jusqu’à un certain degré, à le libérer de sa manière coutumière de se sentir, permettant alors à un autre aspect de sa nature d’apparaître à la surface de son être, l’élevant et lui donnant un tout autre goût de lui-même, un goût particulier dont il a grand besoin et qu’intuitivement, il apprécie profondément.

Par la suite, il se trouvera mystérieusement poussé à toujours vouloir retrouver cet état intérieur élevé et ce sentiment de lui-même dont il ignore la véritable origine. Il lui semblera ne pouvoir l’obtenir qu’en cherchant et relevant de façon répétée le défi d’affronter ce grand témoin extérieur — l’auditoire dans la salle — afin de ré-éprouver cette sensation que celui-ci suscite en lui chaque fois qu’il a l’occasion de se produire devant lui.
Plus l’état de présence et de concentration que l’artiste se révèle capable d’évoquer et de maintenir en lui pendant qu’il se trouve sur scène est profond, plus il lui sera possible de s’éloigner de lui-même ; et, plus il s’éloignera de lui-même, plus grand sera son art, car, sans qu’il le sache consciemment, quelque chose de plus haut en lui viendra à de tels moments au premier plan de son être et se manifestera à travers lui.

Une fois la technique de sa discipline maîtrisée, ce n’est que dans la mesure où un artiste parvient à devenir distant de lui-même, à oublier son moi personnel et à être suffisamment libre intérieurement pour permettre à un autre aspect de sa nature de prendre le dessus que sa création ou sa prestation franchira l’épreuve de la vérité qu’elle cherche à exprimer ; elle aura alors le pouvoir d’élever à la fois lui-même et son auditoire, les exaltant et les inspirant.

Edouard Salim MICHAEL

La Voie de la Vigilance intérieure chap. 47

Bardo Thödol – Le Livre des morts tibétain – commentaires

Il faut souligner que, si le défunt n’a pas effectué, de son vivant, des pratiques de méditation indispensables pour reconnaître, au moins dans une certaine mesure, cette Claire Conscience Éthérée qui est l’État Primordial d’où il a surgi, il ne pourra y parvenir au moment ultime de la mort — sans même parler de demeurer non distrait à ces instants étourdissants, ce qui implique une suprême maîtrise du mental, totalement inconnue ordinairement!

Le décédé se trouvera plongé dans un état qui lui demeurera totalement incompréhensible et lui donnera même l’impression déroutante de n’être qu’un étrange vide inquiétant, sans circonférence ni centre — un vide dont le Bardo Thödol s’efforce de lui faire comprendre la valeur inestimable : «Ce Vide n’est pas de la nature du vide du néant, mais un Vide dont la vraie nature t’impressionnera et devant lequel ton esprit brille clairement et plus lucidement. Dans l’état où tu existes, tu expérimentes avec une intensité insupportable : Vide et Clarté inséparables… Ne sois pas distrait. La ligne de démarcation entre les Bouddhas et les êtres animés passe ici. »

Edouard Salim MICHAEL 
Commentaires sur le Bardo Thödol suite

 

Tenzin Palmo – Se souvenir

«Le terme sanscrit qui désigne la vigilance est smirti, sati en pali et drènpa en tibétain.

Il est intéressant de constater que tous ces mots signifient « se rappeler ». C’est ce que les catholiques appellent « être en état de recueillement ». Et c’est extrêmement difficile.

Etre conscient pendant quelques minutes, c’est déjà beaucoup. Si « vigilance » est synonyme de « se souvenir », il en résulte que l’ennemie de la conscience éveillée est l’oubli, la distraction. On est capable d’être conscient pendant quelques brefs instants, puis on oublie. Comment se souvenir d’être conscient ? C’est là tout le problème. Car nous avons cette colossale inertie. Nous n’avons tout simplement pas l’habitude d’être conscients. »

TENZIN PALMO 

(Un ermitage dans la neige Ed. Nil ) p 230 et Une vidéo de Jetsunma Tenzin Palmo

Une vidéo de Jetsunma Tenzin Palmo

 

L’être humain passe pratiquement toute son existence dans un dramatique état d’absence à lui-même, un état d’absence, ou d’oubli de lui-même très particulier, qui peut être comparé à la torpeur hébétée d’un ivrogne, ou même, à l’état d’un mort vivant. Il parle, pense, agit, rit, marche, s’agite et provoque même des guerres meurtrières dans cet étrange état d’absence à lui-même, tout comme un somnambule inconscient de ce qu’il peut faire à son détriment.

Qu’oublie-t-il donc à l’heure fatidique de sa naissance dans le monde temporel ? Qu’oublie-t-il en se réveillant dans ce monde séduisant qui ne cesse de lui proposer des choses agréables pour son plaisir et qui, au fur et à mesure qu’il grandit, l’attache et l’éloigne de plus en plus de sa Source d’Origine par laquelle seule il peut connaître le sens de son incarnation sur cette planète — une planète créée, elle aussi, pour accomplir une mission énigmatique et qui, comme toute créature vivante, succombera un jour à l’implacable exigence du dieu de la mort.

N’oublie-t-il pas à l’heure de sa naissance un mystérieux état de complétude qu’il va, sans le savoir, rechercher en vain durant toute sa vie dans des satisfactions extérieures ?
Et cet effort mystérieux d’être conscient de soi-même d’une manière très différente de la façon dont il l’est habituellement — qui se manifeste inévitablement par un mouvement vers soi-même — ne consiste-t-il pas en un mouvement de retour vers cet état énigmatique de complétude, un retour vers sa Source Originelle ?

Edouard Salim MICHAEL 
La quête supreme chap 19

Le présent – Dhammapada – paroles du Bouddha

«Sois libre du futur, sois libre du passé, pour être libre dans le présent. Traverse le fleuve vers l’autre rive. Avec un esprit totalement libre, tu ne retomberas pas dans le piège de la naissance et de la mort.»
Dhammapada, 348

“Revenir au présent” est une expression que l’on entend couramment dans nombre d’enseignements ; pourtant, la difficulté de ce retour n’est généralement pas appréhendée et, ce qui est encore plus délicat à saisir, c’est le fait que revenir au présent de façon purement mentale, sans que ne se produise en soi-même un véritable changement d’être, n’est pas suffisant pour laisser en soi une trace transformatrice.

Le mystique chrétien des siècles passés était dans le présent tant qu’il était occupé à une prière ardente. Même la souffrance que, souvent, il s’imposait — comme le font encore certains ascètes en Inde — avait en fait pour but de le ramener au présent. Le pratiquant zen qui, jour après jour, s’interroge sur son koan est arraché à ses préoccupations ordinaires le temps de ce questionnement. Le bakti-yogi, ou le soufi, qui répète avec ardeur le nom de Dieu pendant des heures, est, par là même, protégé du vagabondage de son mental. Le bouddhiste tibétain qui pratique inlassablement toutes sortes de visualisations exerce une concentration qui, elle aussi, l’éloigne de ce qu’il est habituellement.

La difficulté consiste à demeurer vraiment concentré sur la prière, le mantra, le koan, la respiration ou la visualisation. Or, malheureusement, comme le soulignent toutes les traditions, le problème de l’automatisme ne manque pas de surgir, et le chercheur retombe dans ses rêveries et sa manière d’être ordinaire, le moyen utilisé perdant de son efficacité dès qu’il devient machinal.

Michèle Michael

Voyages en pays d’eveil et de Sainteté 

 

Le renoncement – Denys l’Aréopagite

 

 » Exerce-toi sans cesse aux contemplations mystiques, abandonne les sensations, renonce aux opérations intellectuelles, rejette tout ce qui appartient au sensible et à l’intelligible, dépouille-toi totalement du non-être et de l’être et élève-toi ainsi, autant que tu le peux, jusqu’à t’unir dans l’ignorance avec celui qui est au delà de toute essence et de tout savoir.

Car c’est en sortant de tout et de toi-même, de façon irrésistible et parfait, que tu t’élèveras dans une pure extase jusqu’au rayon ténébreux de la divine Suressence, après avoir tout abandonné et t’être dépouillé de tout  » .

Denys l’aréopagite

« Quand, dans une profonde méditation, l’aspirant parviendra à se défaire de son individualité coutumière (avec tout ce que celle-ci élabore comme image d’elle-même et recèle comme désirs irréalistes, rancoeurs, envies, peurs, penchants indésirables, etc.), il commencera, par là même, à s’approcher de l’aspect supérieur de sa double nature, de son Souverain Céleste.

Il comprendra alors que plus il fera le vide en lui, plus il permettra à l’Infini d’occuper la place ainsi libérée. Cependant, créer cette vacuité en lui-même nécessite une continuelle abnégation et des renoncements (durs à effectuer) lors de ses séances de méditation, jusqu’à ce que vienne éventuellement le moment ultime de la reconnaissance du Sublime qu’il porte en son être. »

Les fruits du chemin de l’Eveil Salim MICHAEL p23 

Réveillez-vous – Imitation de Jesus Christ-Thomas a Kempis

Il est étrange qu’il faille sans cesse redire à l’homme :

Pense à ton âme, le temps fuit, l’éternité s’avance ; demain, aujourd’hui peut-être, elle aura commencé pour toi ; et cependant il est vrai que si on ne lui rappelait à chaque heure cette vérité formidable, à chaque heure il l’oublierait  tant est puissante la fascination du monde sur cette créature tombée.

Réveillez-vous, sortez de votre sommeil, ne différez pas davantage le soin de l’unique chose nécessaire ; hâtez-vous de mettre la main à l’œuvre tandis que le jour luit encore : la nuit vient pendant laquelle nul ne peut travailler ; (…)
Imitation de Jésus-Christ 
(Livre III chapitre LVI) réflexion

 

Chaque être humain subit à sa naissance dans le monde sensoriel le drame de se trouver à son insu plongé par le Temps dans un bien curieux sommeil diurne.

A partir de cet instant fatidique, il ne cesse de dormir au sein du temps sans jamais savoir ce qui lui est arrivé ; or, même si, par chance, il parvient à prendre conscience de la gravité de sa situation et entreprend de fournir les efforts requis pour s’éveiller de ce mystérieux état dans lequel il est enseveli, il ne peut rassembler en lui la force nécessaire pour pouvoir rester éveillé.

Depuis son état d’être coutumier, l’être humain ne peut concevoir ce qui est réellement impliqué pour lui dans le fait de dormir en lui-même — un bien étrange phénomène dont les conséquences sont difficiles, voire impossibles à saisir au premier abord.
En réalité, ce sommeil diurne qui l’emporte presqu’aussitôt incarné sur Terre constitue, sans qu’il ne le réalise ordinairement, la véritable mort. L’être humain passe son existence dans un état qu’on ne peut qualifier que de mort-vivant — un curieux état de torpeur psychique qui s’empare de lui et s’interpose continuellement entre lui et l’Aspect Divin de sa double nature au travers duquel seul il lui serait possible d’appréhender sa situation dans le monde et de commencer à agir d’une manière juste dans la vie.

Salim Michael 
Les fruits du chemin de l’Eveil chapitre 10

Nietzsche »Sans musique la vie serait une erreur »

Mais qu’est-ce que cela veut dire, concrètement ? D’abord, au plan proprement métaphysique, que la musique est la révélation du monde, une vérité plus profonde que toute religion et toute philosophie, comme déjà l’écrivait Beethoven à peu près au même moment que Schopenhauer. La musique dit le monde, dit ce que les mots ne peuvent exprimer, elle révèle la réalité plus profondément que tout autre mode d’expression et même que tout autre art. « C’est un art si élevé, écrivait Schopenhauer, et si admirable, si propre à émouvoir nos sentiments les plus intimes, si profondément et si entièrement compris, semblable à une langue universelle qui ne le cède pas en clarté à l’intuition elle-même 8 ». Mais la volonté, qu’est-ce d’autre que les désirs, les sentiments, les affects divers, la joie et les souffrances des hommes en particulier ? Dans le Drame musical grec, Nietzsche cite à nouveau Schopenhauer pour le reprendre à son compte : « La musique touche immédiatement le cœur, car elle est la véritable langue universelle, partout comprise 9 ». Du point de vue psychologique, Nietzsche reprendra cette idée en écrivant dans Par-delà le bien et le mal (§ 106) que, « grâce à la musique, les passions jouissent d’elles-mêmes ». Ou encore : « La musique [est] le reflet de toutes les activités et conduites humaines » (Le Voyageur… § 156). suite  de l’article

« Il est important pour l’aspirant de noter que c’est précisément le sentiment qui donne à un grand pianiste la capacité d’exécuter de mémoire des oeuvres éminemment complexes comportant des milliers de notes ainsi que d’innombrables changements d’harmonies, de lignes mélodiques et de rythmes, sans commettre d’erreurs. Le même principe s’applique au chercheur ; il lui faut réaliser que c’est son sentiment qui peut relier son esprit et son corps de manière à lui permettre d’effectuer ses pratiques de méditation et ses autres exercices spirituels avec l’intensité requise pour être mis en rapport avec un autre monde en lui, un monde lumineux qu’il ne pourra, s’il est assez sensible, que reconnaître comme sanctifié. »

Le rôle de la grande musique
Edouard Salim MICHAEL