Maitry Upanishad : concentrer la conscience au dela de la pensée

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« Ce qui n’est pas la pensée et qui se tient au milieu de la pensée, l’impensable, le mystérieux, le suprême, c’est sur lui qu’il faut concentrer la conscience. »

« Ayant pris conscience de son propre moi comme le Soi, le yogi se dépouille du moi ; et en vertu de cette absence du moi, il doit être conçu comme non conditionné. C’est là le mystère suprême, annonçant l’émancipation ; par l’absence du moi, il ne participe plus au plaisir ni à la douleur, mais atteint à la délivrance. »

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Angèle de Foligno : Je ne me souviens plus de quoi que ce soit qui ait une forme

Angele de folignoTrès souvent, je vois Dieu suivant un mode et une perfection qui ne peuvent être ni exprimés ni conçus (…). Je vois que c’est le bien absolu (…) une délectation ineffable (…). Plus la ténèbre est profonde, plus ce bien surpasse la pensée et se montre inexprimable (…) Il surpasse même la puissance de Dieu, sa sagesse, sa volonté (…). Quand je suis plongée dans ce bien et que je le contemple, je ne me souviens plus de l’humanité de Jésus-Christ, ni de l’Incarnation, ni de quoi que ce soit qui ait une forme. Je vois tout, cependant, et je ne vois rien. »

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Madame Guyon : Moins on fait d’oraison, moins on veut en faire

madame-guyonJe n’ai jamais approuvé ceux qui, sous prétexte d’avancement, négligent l’oraison, et j’ai regardé cela comme une des ruses de l’Ennemi les plus dangereuses. Je ne prétends pas qu’on ne puisse s’en dispenser pour des devoirs essentiels auxquels Dieu nous applique. Mais quels sont les devoirs essentiels qui ne nous laissent pas des moments pour nous reposer en Dieu ?

Il n’en est point. C’est le défaut d’oraison qui fait que nous trainons une vie imparfaite, que nous ne sommes ni pénétrés ni échauffés de cette lumière divine, lumière de vérité, lumière Jésus-Christ. Moins on fait d’oraison, moins on veut en faire, parce que se trouvant tout au dehors, on en contracte une habitude et l’on ne peut plus se tourner au-dedans.

(Correspondances – chemins mystiques p. 94)

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Edouard Salim Michael: Metta Méditation l’amour compatissant

Afin d’éviter que, au fur et à mesure que les jours passent, les pratiques spirituelles de l’aspirant ne se transforment, par faiblesse de sa part, en de simples répétitions machinales — comme cela se produit lorsqu’il s’agit de ses occupations journalières —, chaque fois qu’il s’assied pour méditer ou qu’il entreprend d’exécuter un exercice de concentration, il doit le faire comme si c’était la première fois, avec le tout de lui-même et avec un intense sentiment dévotionnel.

En outre, le respect révérentiel que le chercheur doit sans cesse porter en lui pendant qu’il se consacre à ses différentes pratiques spirituelles doit également s’infiltrer dans sa vie extérieure.

Il ui faut toujours ressentir une immense compassion et un grand respect pour tout ce qui possède le souffle de la vie, car, malgré les apparences, il n’y a aucun être, qu’il soit humain ou animal, qui ne souffre pas dans le fond de son âme.

Le doute est continuellement là, enfoui en toute créature vivante et, où qu’elle aille, elle emmène avec elle le sentiment inconscient d’insécurité que cette forme d’existence, si incertaine et précaire, ne cesse de susciter en son être.

Edouard Salim Michael Pratique Spirituelle et Eveil interieur Chp 5

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Supprimer la conscience mentale – Lankavara Sutra

La véritable extinction, c’est de supprimer la conscience mentale, la différenciatrice…, car pour agir, c’est sur elle que prennent appui les autres consciences… Cette conscience s’attache à la sphère sensorielle qu’elle discerne en la délimitant à l’aide des imprégnations. C’est elle aussi qui alimente la conscience de tréfonds.

Lankavara Sutra – Aux Sources du Bouddhisme

sutra

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Jacques Lusseyran : notre destin se fait du dedans vers le dehors

AVT_Jacques-Lusseyran_5203On ne dit pas en quelques mots ce qu’a été un camp de concentration. Je n’essaierai pas de vous le dire. (../) Mais je n’étais pas un détenu comme les autres puisque j’étais aveugle. Il faut tout de même vous dire pourquoi j’ai survécu.

Parmi les deux mille français arrivés le même jour que moi à Buchenwald, il ne restait, lors de la libération de notre camp par la troisième armée américaine en avril 1945 que trente survivants. (…/)

Chaque fois que les spectacles et les épreuves du camp devenaient intolérables, je me fermais pour quelques minutes au monde extérieur. Je gagnais ce refuge où pas un kapo nazi ne pouvait m’atteindre. Je posais mon regard sur cette lumière intérieure que j’avais aperçue à huit ans. Je la laissais vibrer à travers moi. Et je constatais très vite que cette lumière, c’était de la vie, de l’amour. Je pouvais ouvrir à nouveau les yeux – et mes oreilles et mon odorat-sur le carnage et la misère. Je survivais.

Ne pas accepter cette explication – qui est la seule vraie-, c’est, il me semble, donner la preuve qu’on ignore ce fait à lui seul plus important que tous les autres : notre destin se fait du dedans vers le dehors, et jamais du dehors vers le dedans.

Jacques Lusseyran (1924-1971) La Lumière dans les Ténébres Ed Triades

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Simone Weil : Reciter le Pater

260px-Simone_Weil_05« Je me suis imposée pour unique pratique de le réciter une fois chaque matin avec une attention absolue. Si pendant la récitation mon attention s’égare ou s’endort, fut-ce d’une manière infinitésimale, je recommence jusqu’à ce que j’aie obtenu une fois une attention absolument pure. Il m’arrive alors parfois de recommencer une fois par pur plaisir, mais je ne le fais que si le désir me pousse. »

« Parfois les premiers mots déjà arrachent ma pensée à mon corps et la transportent en un lieu hors de l’espace d’où il n’y a ni perspective ni point de vue. L’espace s’ouvre. L’infinité de l’espace ordinaire de la perception est remplacée par une infinité à la deuxième ou quelquefois à la troisième puissance. En même temps, cette infinité d’infinité s’emplit de part en part de silence, un silence qui n’est pas une absence de son, qui est l’objet d’une sensation positive, plus positive que celle d’un son. Les bruits, s’il y en a ne me parviennent qu’après avoir traversé ce silence.

« Parfois aussi, pendant cette récitation ou à d’autres moments, le Christ est présent en personne, mais d’une présence infiniment plus réelle, plus poignante, plus claire et plus pleine d’amour que cette première fois où il m’a prise. »

de La vie de Simone Weil par Simone Petrement

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Milarepa : Les conditions indispensables

Un état absolu de quiétude mentale, accompagnée d’énergie et d’un pouvoir pénétrant d’analyse, d’un mental clair et investigateur sont les conditions indispensables ; comme les échelons inférieurs d’une échelle, ils sont absolument nécessaires pour parvenir plus haut.

Mais dans le procédé de méditation sur ce stade de tranquillité mentale (Shi-nay), en concentrant l’esprit, soit sur des formes, soit en pratiquant la méditation sans formes, l’esprit doit premièrement se pénétrer de compassion, remettant entièrement le résultat de ses efforts en l’Universelle Bonté.

Secondement, le but de ses aspirations doit être parfaitement clair et défini en s’élevant dans les régions de la pensée transcendantale.

Finalement, il faut prier mentalement et désirer bénir tous les autres d’une manière si sincère que cet acte mental aussi s’élève dans la pensée pure. Ceci, je crois, est le plus élevé de tous les Sentiers. Comme le simple nom d’un aliment ne peut satisfaire l’appétit d’une personne affamée et qu’elle doit, pour être satisfaite, goûter à cette nourriture, ainsi celui qui désire s’initier à la doctrine du Vide doit méditer sur elle en la réalisant, et non pas simplement en apprenant sa définition.

De plus, pour atteindre la connaissance de l’état de supra-conscience (Lhag-Tong), l’on doit pratiquer et s’habituer à un entrainement de la répétition des pratiques ci-dessus. En conclusion, l’habitude de la contemplation du Vide, de l’Equilibre, de l’Indescriptible et de l’Inconnaissable constitue les quatre différents stades des quatre degrés de l’Initiation conduisant au But Ultime.

Milarepa (Vie de Jetsun Milarepa Ed. Adrien Maisonneuve) p. 184

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Edouard Salim MICHAEL – Un étrange sommeil diurne

edouard salim michael

 »Le but principal de toute pratique spirituelle est de se libérer de la pesanteur d’un étrange sommeil diurne (dans lequel l’être humain passe si tristement sa vie) afin de devenir conscient de soi-même d’une façon différente de celle dont on l’est habituellement. Cette manière inhabituelle d’être conscient de soi-même constitue le sentier par excellence conduisant à la Source Divine enfouie dans les profondeurs de tout homme et de toute femme.

Si son esprit n’est pas derrière son regard et derrière son écoute, l’être humain est inévitablement, et d’une manière qu’il ne peut appréhender d’ordinaire, inconscient de lui-même. Sans le savoir, il ne vit qu’une existence végétative depuis l’aspect inférieur de sa double nature.

Il est, d’une façon incompréhensible pour lui, toujours identifié et piégé par tout ce qu’il voit et entend sans être capable de mettre de la distance entre lui et ce qui sollicite son attention afin de pouvoir faire la discrimination entre ce qui est favorable et ce qui est nuisible à son évolution spirituelle — ou même, à son bien-être terrestre. Et, dans cet état d’inconscience de lui-même ou de sommeil diurne, il continue à dormir en lui-même, enveloppé dans une brume invisible, tandis qu’il ne cesse de mourir intérieurement d’un instant à l’autre, sans jamais savoir ce qui lui arrive. »


Edouard Salim MICHAEL
Les Obstacles à l’Illumination et à la Libération chapitre 1

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Hans Denck : Qui me donnera une voix ?

hans denck« Oh, qui me donnera une voix
que je puisse crier au monde entier
que Dieu, qui est au plus haut
est aussi au plus profond de nous
et attend que nous retournions à lui.

Oh mon Dieu, comment se fait-il, dans ce pauvre vieux monde,
que Tu sois si grand et que pourtant personne ne Te trouve,
que Tu appelles d’une voix si forte et que personne ne T’entende,
que tu sois si proche et que personne ne Te sente,
que Tu Te donnes à tout le monde et que personne ne sache Ton nom ?

Les hommes te fuient et disent qu’ils ne peuvent Te trouver ;
ils Te tournent le dos et disent qu’ils ne te voient pas ;
ils se bouchent les oreilles et disent qu’ils ne peuvent t’entendre. »
Hans Denk

 »Au fond, sans jamais le savoir d’ordinaire, tout le monde est appelé. Ce qui ne permet pas à la majorité de l’humanité de reconnaître cet appel, c’est que le niveau de leur conscience et de leur être est, du point de vue spirituel, trop bas — en dépit du fait qu’ils pensent posséder, en tant qu’êtres humains, le plus haut degré de conscience possible — et, sans qu’ils
ne s’en rendent compte, cette limitation de leur conscience
et de leur être induit en eux une forme d’insensibilité très particulière qui les rend incapables de sentir la subtilité de cet appel, lequel, en raison de la singularité de sa nature, ne peut se manifester de façon tangible.

De surcroît, là où ils laissent leur attention être attirée, c’est là qu’inévitablement va se trouver leur intérêt ; or, comme celui-ci est généralement tourné uniquement vers l’extérieur, vers le monde des sens (), ils sont d’autant moins aptes à sentir en eux cet appel silencieux. Et même si, par hasard, certains parviennent à être conscients de cet appel, combien parmi eux vont-ils accepter de sacrifier ce qui leur tient à cœur extérieurement pour pouvoir y répondre ?  »
Dans le Silence de l’Insondable chap 2
Edouard Salim MICHAEL

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