Tenzin Palmo – Se souvenir


«Le terme sanscrit qui désigne la vigilance est smirti, sati en pali et drènpa en tibétain. Il est intéressant de constater que tous ces mots signifient « se rappeler ». C’est ce que les catholiques appellent « être en état de recueillement ». Et c’est extrêmement difficile. Etre conscient pendant quelques minutes, c’est déjà beaucoup. Si « vigilance » est synonyme de « se souvenir », il en résulte que l’ennemie de la conscience éveillée est l’oubli, la distraction. On est capable d’être conscient pendant quelques brefs instants, puis on oublie. Comment se souvenir d’être conscient ? C’est là tout le problème. Car nous avons cette colossale inertie. Nous n’avons tout simplement pas l’habitude d’être conscients. » p. 230
TENZIN PALMO
(Un ermitage dans la neige Ed. Nil ) p 230
Une vidéo de Jetsunma Tenzin Palmo

L’être humain passe pratiquement toute son existence dans un dramatique état d’absence à lui-même, un état d’absence, ou d’oubli de lui-même très particulier, qui peut être comparé à la torpeur hébétée d’un ivrogne, ou même, à l’état d’un mort vivant. Il parle, pense, agit, rit, marche, s’agite et provoque même des guerres meurtrières dans cet étrange état d’absence à lui-même, tout comme un somnambule inconscient de ce qu’il peut faire à son détriment.

Qu’oublie-t-il donc à l’heure fatidique de sa naissance dans le monde temporel ? Qu’oublie-t-il en se réveillant dans ce monde séduisant qui ne cesse de lui proposer des choses agréables pour son plaisir et qui, au fur et à mesure qu’il grandit, l’attache et l’éloigne de plus en plus de sa Source d’Origine par laquelle seule il peut connaître le sens de son incarnation sur cette planète — une planète créée, elle aussi, pour accomplir une mission énigmatique et qui, comme toute créature vivante, succombera un jour à l’implacable exigence du dieu de la mort.
Edouard Salim MICHAEL
La quête supreme chap 19

N’oublie-t-il pas à l’heure de sa naissance un mystérieux état de complétude qu’il va, sans le savoir, rechercher en vain durant toute sa vie dans des satisfactions extérieures ?
Et cet effort mystérieux d’être conscient de soi-même d’une manière très différente de la façon dont il l’est habituellement — qui se manifeste inévitablement par un mouvement vers soi-même — ne consiste-t-il pas en un mouvement de retour vers cet état énigmatique de complétude, un retour vers sa Source Originelle ?

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