Madame Guyon : Dieu tire d’un côté, l’habitude et les sentiments de l’autre

Jusqu’à ce que l’âme ait une longue habitude du recueillement, il lui est fort pénible : Dieu tire d’un côté, l’habitude et les sentiments de l’autre. C’est quelque chose qui divise ; à la suite cela vous sera plus facile.
Je voudrais que sitôt que vous vous sentez attiré au recueillement, vous cessassiez toutes choses dans l’instant pour vous habituer au repos : quand ce ne serait que pour des moments, ce moment aura toujours son effet, car ces moments sont des touches qui portent effet dans l’âme quoiqu’on n’en connaisse rien, car quoique les touches ne soient que pour ces moments, l’effet reste subsistant, comme un coup de lancette laisse une cicatrice : ainsi ces petits moments de grâce sont très efficaces, pourvu qu’on ait la fidélité de n’en laisser passer aucun sans y correspondre. C’est la voix du Verbe qui appelle.
Cette fidélité à correspondre à ces moments est plus essentielle pour avancer qu’une longue oraison. La raison de cela est que c’est nous qui choisissons nos temps, mais alors, c’est Dieu qui appelle et qui est le principe du temps et de la prière.
(Correspondance à Poiret – chemins mystiques p. 22)

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