Simone Weil : le malheur d’autrui me déchire l’âme

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«Dès ici-bas, nous recevons la capacité d’aimer Dieu et de nous le représenter en toute certitude comme ayant pour substance la joie réelle, éternelle, parfaite et infinie. À travers les voiles de la chair nous recevons d’en haut des pressentiments d’éternité suffisants pour effacer à ce sujet tous les doutes.»

«Il y a seulement une occasion où je ne sais vraiment plus rien de cette certitude. C’est le contact avec le malheur d’autrui. Les indifférents et les inconnus aussi bien, peut-être même davantage, y compris ceux des siècles passés les plus lointains. Ce contact me fait si atrocement mal, me déchire tellement l’âme de part en part que l’amour de Dieu m’en devient quelque temps presque impossible. Il s’en faut de bien peu que je ne dise impossible. Au point que cela m’inquiète pour moi. Je me rassure un peu en me souvenant que le Christ a pleuré en prévoyant les horreurs du sac de Jérusalem. J’espère qu’il pardonne à la compassion.»

 Lettre au père Perrin

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