Maitre Dogen : La Grande Voie du Bouddha

Dans son Shobogenzo, Dogen s’adresse en ces termes à ceux qui voudraient s’identifier au Bouddha tout en évitant les efforts nécessaires :

« La Grande Voie du Bouddha et des patriarches implique la plus haute forme d’effort, qui passe sans fin par les épreuves de la discipline et de la pratique pour aboutir à l’illumination et au Nirvana (…). Cet effort soutenu n’est pas une chose que les hommes de ce monde souhaitent et aiment naturellement, mais c’est pourtant le dernier refuge de tous. C’est seulement par les efforts de tous les bouddhas du passé, du présent et du futur que les bouddhas du passé, du présent et du futur deviennent une réalité [..*]. Par cet effort seul l’état de bouddha est réalisé et ceux qui ne font pas d’effort quand l’effort est possible, ceux-là détestent Bouddha, détestent son service et détestent l’effort ; ils ne veulent pas vivre et mourir avec Bouddha ; ils ne veulent pas de lui pour maître et pour compagnon. »

A moins d’être des Bouddha actifs, vous ne serez jamais libérés des liens du Bouddha ni des liens du Dharma, vous ne pourrez venir à bout des démons du Bouddha ni des démons du Dharma.

Que signifie l’expression « liens du Bouddha » ? c’est comprendre l’Eveil d’une manière abstraite, et donc être prisonnier des vues intellectuelles et d’une compréhension toute théorique. C’est se ligoter soi-même avec une corde qui n’existe pas. Mais, tant que la corde n’est pas rompue, elle est comme le lierre qui enlace l’arbre jusqu’à ce qu’il périsse. C’est passer vainement sa vie dans les cavernes des Bouddhas conçus par l’intellect.

La Grande Voie des Bouddhas et des Patriarches consiste toujours dans ces activités suprêmes, indéfiniment poursuivies et ininterrompues :
l’esprit d’Eveil,
la Pratique,
l’Eveil et
le Nirvana.

Ces quatre activités ne souffrent pas qu’il existe entre elles le moindre intervalle, la moindre discontinuité. Telle est la perpétuation de la Voie par l’activité. En conséquence, l’activité suprême n’est jamais imposée ni à soi-même ni aux autres, elle est « activité totale ».

La puissance d’une telle activité soutient soi-même et les autres. En tant que telle, il importe que les cieux tout entiers, la terre des dix directions tout entière jouissent du mérite de mon activité. Même si moi-même ni mes autres n’en sommes conscients, il en va ainsi.

chap 14 du Shobogenzo

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