Barenboim : la dimension spirituelle de la musique

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  C’est toujours son attention qui est impliquée dans ce qui se passe en l’être humain ainsi que dans tout ce qu’il fait dans le monde extérieur — que ce soit pour le bien ou pour le mal. Ce n’est que grâce à son attention extrêmement développée qu’un grand compositeur arrive à créer des oeuvres musicales si prodigieuses qu’elles élèvent les auditeurs à un autre plan d’être, leur permettant ainsi d’éprouver des sentiments tout à fait inhabituels qu’il leur est impossible de ressentir autrement — des sentiments sublimes qui relèvent d’un autre univers insaisissable, habité par des “Dévas” (des dieux) et leurs “Gandharvas” (musiciens célestes).
En outre, cette musique, qu’un génie a composée à l’aide de son attention, va, par la suite, faire travailler, année après année, et même pendant des siècles, l’attention de tous les membres des ensembles symphoniques, sans que ceux-ci soient conscients de ce qui se produit en eux. Ainsi, peut-on dire que, grâce à son attention et à sa grande capacité de concentration, le compositeur est devenu, malgré lui, une sorte de maître spirituel pour tous les exécutants d’un orchestre, pour le chef, pour les solistes et même, dans une certaine mesure, pour les auditeurs également !
Peut-on imaginer les nombreuses années de dur travail de l’attention et de la concentration nécessaires à un pianiste pour parvenir un jour à relever le défi que représente l’exécution, de mémoire, devant un auditoire hautement critique, d’un concerto de Beethoven ou de Brahms, qui contient des milliers de notes, des changements d’harmonie, des modulations et des rythmes compliqués ? Ou, peut-on se figurer ce qu’il faut comme longue pratique tenace de l’attention et de la concentration à une grande cantatrice avant d’être capable de chanter par coeur, devant un public extrêmement sévère, un opéra de Puccini tel que “Madame Butterfly” ou “Turandot” ? On peut alors peut-être comprendre combien davantage de concentration et, surtout, de division d’attention est exigé d’un grand compositeur pour arriver à écrire une oeuvre symphonique qui réclame un si grand nombre d’interprètes pour son exécution et qui est comme la création d’un merveilleux univers en miniature, où tant de choses différentes se déroulent simultanément !.
Il est ainsi possible de constater que, dans toute grande réalisation artistique, c’est toujours l’attention qui joue le rôle prépondérant. Grâce à elle, l’effet positif de ces oeuvres continue, des siècles après la mort de leur auteur, de se répandre dans le monde afin d’aider d’autres personnes dans leurs efforts pour maîtriser leur attention.
De surcroît, on ne peut qu’être émerveillé quand on songe que, même longtemps après la disparition d’un grand génie (tel que Beethoven, Brahms, César Franck ou Gustav Mahler), sa musique ne cesse de nourrir le sentiment et l’esprit d’un nombre incalculable d’hommes et de femmes, les exaltant et apportant un peu de lumière dans leur vie — une lumière qui n’est pas de ce monde et qui peut, petit à petit, leur ouvrir une porte inespérée vers un autre Univers, si subtil, si fin et si sublime, qu’ils portent au fond de leur être sans le savoir ordinairement.

Edouard Salim Michael – Pratique spirituelle et Eveil intérieur chap 7.

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